Les expert·es sont unanimes : les villes comme Marseille subiront des épisodes de canicules de plus en plus fréquents et plus longs. Ces records de chaleur seront accompagnés de phénomènes météo plus violents. Notre ville bétonnée n’est pas prête pour affronter de telles hausses de température et des inondations aggravées. Il est urgent de remettre de la nature en ville pour capter le CO2, réduire la pollution, maîtriser les risques climatiques, créer des îlots de fraîcheur et augmenter le bien-être des habitant·es.

 

Végétaliser la ville pour la rafraîchir et lutter contre la pollution

 

5#1 Créer 100 parcs et forêts urbaines de proximité en 2 mandats 

Nous créerons 100 parcs et forêts urbaines, pour permettre à chaque Marseillais·e de vivre à moins de 10 minutes à pied d’un parc ou d’une forêt urbaine. Nous végétaliserons en priorité les arrondissements de l’hypercentre (du 1er au 6ème arrondissement) car ils souffrent d’un gros déficit : seulement 3m2 de verdure par habitant·e, alors que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) recommande 12m2.

 

5#2 Aménager 3 grands parcs d’envergure

Pour permettre aux Marseillais·es de vivre à proximité d’un grand parc, nous aménagerons 3 nouveaux grands parcs dans la ville : au centre avec une forêt urbaine sur la Canebière (en conservant le tramway et en aménageant des pistes cyclables entre les rails des tramways), au sud avec le grand parc Borély et au Nord avec le parc Foresta.

 

5#3 Arrêter de détruire ou de privatiser les espaces verts 

Nous mettrons fin à tous les projets destructeurs d’espaces verts. Nous rendrons le jardin public Valmer aux Marseillais ; nous annulerons le projet de parking au parc Longchamp ; et nous protégerons le parc de la Mathilde, les jardins Joseph Aiguier et la pinède du Roy d’Espagne. Nous arrêterons la pratique absurde des pots de fleurs géants.

 

5#4 Plan annuel de plantations d’arbres

Pour garantir des îlots de fraîcheur et une réduction réelle de la pollution, nous déploierons une politique structurée de l’arbre en ville, protégeant les arbres existants et planifiant des plantations régulières d’arbres adaptés.

Trois mesures réglementaires : une palette végétale de référence, fixée par modification du PLUi avec des objectifs bioclimatiques, esthétiques et non allergisants ; un Plan annuel de plantation d’arbres avec objectifs chiffrés ; et une « Charte de l’arbre » renforcée par arrêté municipal comme à Nantes, Rennes, Paris (règles de gestion de la taille des arbres, de leur densité, règles de protection des arbres remarquables). Nous mènerons des campagnes de concertation citoyenne et informerons les Marseillais·es en amont de chaque projet, notamment au travers de jardiniers-médiateurs. Chaque Marseillais·e verra des arbres au quotidien.

 

5#5 Végétaliser les places et rues de Marseille

Les grandes places de Marseille sont des lieux bétonnés. Elles offrent peu de place pour se détendre et se rafraîchir à l’ombre d’espaces verts. Nous développerons de nouveaux aménagements végétaux des grandes places (squares, pergolas, terrasses ombragées…) : Porte d’Aix, Joliette, Place Sébastopol, La Plaine, Vieux Port, Castellane, Rond-Point du Prado…

Nous créerons des rues-corridors de fraîcheur dans toute la ville pour permettre aux piéton·nes et cyclistes de se déplacer sans souffrir de la chaleur. Des arbres seront plantés dans ces rues, en proposant une continuité végétale entre les arbres (plantes, fleurs) en lieu et place du goudron aux pieds des arbres. Là où les rues sont trop étroites pour planter des arbres, nous favoriserons la végétalisation par des pergolas couvertes de plantes grimpantes adaptées. Nous contribuerons à la végétalisation des murs anti-bruit, ponts et pylônes bordant les routes pour les transformer en filtres naturels à particules fines.

 

5#6 “Du vert près de chez moi” : du pouvoir pour les riverain·es !

Les riverain·es sont les meilleurs connaisseur·euses de leur quartier, de ses usages et des lieux susceptibles d’être (re)végétalisés. Nous leur donnerons le pouvoir de végétaliser leurs rues. Ils seront invités par l’opération “Du vert près de chez moi” à signaler les lieux qui pourraient accueillir de la végétalisation au plus près de chez eux (délaissés, mobiliers urbains, murs…). Ils pourront signaler ces espaces très simplement, via une application mobile. Ce sera une occasion nouvelle offerte aux habitant·es de faire vivre leur quartier avec l’aide des services de la Ville. Les sols seront perméabilisés pour accompagner et préserver cette végétalisation, pour permettre l’infiltration des eaux de pluie et pour réduire le ruissellement.

 

5#7 Renforcer le service d’entretien des espaces verts

Marseille n’a aujourd’hui que 54 jardinier·ères et 1 seul paysagiste… pour 282 parcs ! Nous renforcerons les équipes en recrutant davantage de jardinier·ières et paysagistes expérimenté·es pour entretenir les espaces verts existants et pour mettre en oeuvre notre politique de création de nouveaux parcs et forêts urbains. Ces équipes auront également pour missions d’accompagner le développement de tous les espaces verts, de faire de la pédagogie auprès de la population pour changer notre rapport à l

a nature et de veiller à l’entretien des bancs, chemins, éclairages, toilettes et aires de jeux.

 

5#8 Développer des jardins partagés et les lieux de convivialité

Nous soutiendrons tous les porteurs de projets de jardins partagés par une aide juridique et technique pendant 3 ans. Ces jardins partagés sont créateurs de liens sociaux et de convivialité entre voisin·nes. Nous équiperons ces jardins partagés de bancs, de matériel de jardinage et de bacs à compost.

 

5#9 Végétaliser les toits 

Nous engagerons une végétalisation des toits des écoles, piscines, gymnases, administrations publiques et maisons de quartier, là où cela est techniquement viable (toutes les structures et bâtiments ne peuvent pas supporter une végétalisation). Ces dispositifs permettent une isolation thermique des bâtiments qui améliore le confort intérieur été comme hiver et réduit les factures énergétiques. Nous encouragerons la végétalisation des toits des bâtiments privés par un dispositif d’aides centré sur la préservation de la biodiversité et la gestion des eaux pluviales.

 

Sanctuariser et protéger les espaces naturels

 

5#10 Arrêter tous les projets destructeurs des espaces naturels

La destruction des espaces naturels menace la biodiversité du territoire marseillais. Pour stopper   l’hécatombe, tous les projets destructeurs seront revus en conséquence : annulation du Boulevard Urbain Sud transformé en voie de cheminement doux vélo et piéton, de la pinède du Roy d’Espagne et de tous les espaces naturels traversés. Nous mobiliserons nos efforts pour mettre fin au projet métropolitain de rocade routière LINEA entre Sainte-Marthe (14e), Plan-de-Cuques et Allauch.

 

5#11 Préserver la gratuité de l’accès à la nature !

Le Gouvernement a récemment reçu un rapport intitulé “Parcs nationaux. Quelles pistes de financements additionnels ?”, rapport co-écrit par le Directeur du Parc National des Calanques.   Ce rapport préconise de rendre payant l’accès au Parc National des Calanques et d’envisager d’autres mesures de financement comme un sponsoring par des entreprises privées, entre autres “innovations”. Nous empêcherons la privatisation du Parc des Calanques.
Nous garantirons la gratuité de l’accès à tous les espaces naturels
.

 

5#12 Préserver et développer les forêts et espaces naturels boisés

Nous développerons une politique de protection des espaces naturels boisés fragilisés par le réchauffement climatique. Nous mettrons également en oeuvre un plan de reboisement massif des collines de Marseille pour étendre les espaces naturels boisés et enrichir leur biodiversité. Ce grand plan de reboisement sera déployé en collaboration avec l’Education Nationale (écoles, collèges, lycées et universités) ainsi que les organismes de formation et de paysagistes pour impliquer fortement la jeunesse dans l’action de reboisement.

 

5#13 Protéger tout le littoral 

Nous protègerons les milieux naturels littoraux pour préserver la biodiversité, pour limiter le ruissellement et l’érosion des sols et pour maintenir des cheminements piétons agréables. Concrètement, nous stopperons la dégradation du littoral en limitant les pressions humaines : création de sentiers balisés pour canaliser la fréquentation et les piétinements, réduction du trafic automobile en bord de mer, notamment à la Pointe Rouge, avec la création d’une ZTL et mise en place de navettes RTM fréquentes, réduction des zones privatisées et des espaces publicitaires. En parallèle, nous reboiserons et nous planterons des végétaux menacés de disparition. Le programme “Life Habitats Calanques” fédère actuellement une campagne de plantation d’astragales, de plantain, de thym à la Pointe Rouge et au Frioul. Il sera soutenu et pérennisé par nos services, en partenariat avec le Parc National des Calanques, le Naturoscope, le Conservatoire du Littoral et l’Agence régionale pour l’environnement (ARPE). Nous lancerons un Grand plan de reboisement des littoraux de la ville (Région Sud – Office National des Forêts).

 

5#14 Préserver la propreté des plages

Nous mettrons en place un Service de propreté des plages qui aura pour mission de faire de la pédagogie autour de la plage comme bien commun fragile, de verbaliser les contrevenants et les dépôts sauvages d’ordure. Ces équipes interviendront notamment après les tempêtes pour un nettoyage manuel des plages. Nous déploierons un ensemble de mesures pour réduire la production de déchets sur les plages : sensibilisation, installation de fontaines à eau potables… Nous lutterons enfin contre la pollution des eaux de baignade lors des épisodes orageux, par un grand Plan de maîtrise des risques d’inondation et de pollution due aux eaux usées (détaillé au point 5#21).

 

5#15 Lutter contre l’érosion du littoral

Nous maintiendrons les banquettes de posidonie sur les plages en dehors de la saison estivale. Les interventions d’entretien seront ponctuelles et non invasives pour laisser l’écosystème naturel reprendre ses droits et protéger les plages de l’érosion due aux vagues.

 

Recréer des espaces de biodiversité

 

5#16 Ouvrir les 3 cours d’eau et préserver leurs berges : Huveaune, Aygalades, Jarret 

Nous renforcerons les mesures de protection de la biodiversité dans le projet de réhabilitation des berges de l’Huveaune, en partenariat avec l’Université et les agriculteurs biologiques du bassin versant. Nous ouvrirons le même chantier pour les Aygalades et le Jarret.

 

5#17 Recréer des corridors naturels 

2 corridors naturels seront recréés : le premier traverse la ville ; le deuxième fait le tour de Marseille. Les corridors écologiques, les continuités écologiques, les Trames vertes et bleues (TVB) constituent désormais des enjeux majeurs depuis le Grenelle de l’environnement. La TVB est un outil d’aménagement du territoire au service de la biodiversité. Elle vise à mailler des sites naturels en formant un réseau écologique continu d’espaces naturels terrestres (trame verte) et aquatiques (trame bleue), permettant les déplacements de la faune sauvage. Ces déplacements sont indispensables au brassage des populations animales et à leur maintien durable. Nous cartographierons les corridors écologiques existants et dégradés pour inventorier très rapidement les zones à préserver en priorité.

 

5#18 Renforcer le programme de récifs artificiels 

Dans les années 1990, il n’y avait plus de vie en mer dans la rade sud de Marseille, suite à l’aménagement des plages du Prado : l’herbier de posidonie a été tué et avec lui toute la faune marine. En 2000, la ville de Marseille a lancé l’opération “Récifs Prado”, avec l’objectif d’augmenter et diversifier fortement les ressources marines des fonds meubles de la baie du Prado par l’immersion d’habitats écologiques sous-marins. Depuis, ce programme est négligé par la Ville. Nous pérenniserons le soutien de la Ville de Marseille à ce programme de recherche scientifique. Nous relancerons un programme éducatif « Récifs du Prado » pour toutes les écoles, collèges et lycées de Marseille souhaitant initier leurs élèves aux problématiques de protection de la biodiversité marine. Nous étudierons l’opportunité de prolonger le parc des récifs du Prado vers les Calanques et de créer un nouveau parc de récifs en rade nord. Nous proposerons la création d’une conférence annuelle sur les Aires Marines Protégées urbaines, en réseau avec les autres Aires Marines Protégées et en coopération avec l’Office Français de la Biodiversité.

 

Préserver toutes les terres agricoles du territoire métropolitain

Les terres agricoles continuent d’être considérées comme un réservoir de foncier constructible, variable d’ajustement de l’aménagement du territoire. Or la préservation de ces terres est essentielle à plusieurs titres :

  • pour notre souveraineté alimentaire: l’abondance de produits dans les rayons des supermarchés nous berce dans l’illusion d’une souveraineté alimentaire définitivement acquise. A l’échelle départementale, 90% de la production est exportée hors région. Sans aller jusqu’à l’autosuffisance alimentaire, nous devons renforcer notre souveraineté alimentaire en développant des liens entre les espaces agricoles périurbains et les pôles urbains.
  • pour la lutte contre le changement climatique: des recherches récentes ont montré l’influence significative que peut avoir l’occupation des sols (villes, prairies, cultures, forêts, etc.) sur la météorologie, le climat (températures, précipitations), ou encore la qualité de l’air sur des distances allant du kilomètre à plusieurs dizaines de kilomètres. Il est ainsi aujourd’hui admis que l’usage des sols en zone périurbaine a un impact sur les températures et la qualité de l’air en cœur d’agglomération
  • pour le maintien de la biodiversité: en particulier les oiseaux et insectes, à condition de  privilégier une agriculture biologique sans intrant toxique 

5#19 Préserver toutes les terres agricoles du territoire marseillais

Les dispositifs de planification classiques (Schéma de cohérence territoriale – SCoT – et Plan locaux d’urbanisme intercommunaux – PLUi) ne sont pas suffisants pour préserver la vocation agricole d’une terre sur le long terme. Les zonages agricoles dans ces documents d’urbanisme  sont fragiles, en témoigne le déclassement de terres agricoles dans le PLUi Marseille Provence de 2018-19. Nous nous engageons à sauvegarder toutes les terres agricoles grâce à des outils de protection foncière tels que les Zones agricoles protégées (ZAP) et les Périmètres de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains (PAEN). Ces dispositifs combinent protection et projet via un plan d’actions qui vise à pérenniser la vocation agricole des terres et permet le développement des activités sur le long terme.

 

5#20 Structurer des filières agricoles biologiques locales

La protection foncière des terres est indispensable à la pérennisation de l’activité agricole, mais elle n’est pas suffisante. Le meilleur moyen de sauvegarder terres et activités agricoles est la valorisation économique par la création de débouchés pérennes. Si nous n’assurons pas de vrais débouchés pour les agriculteurs, les jeunes ne voudront pas s’installer, et les acteurs agricoles continueront de vivre en dessous du seuil de pauvreté. La Municipalité, en coordination avec la Métropole, accompagnera et portera la création de filières alimentaires locales, avec concrètement :

achat de terres (par des fonds publics, privés ou mixtes) afin d’en favoriser l’accès aux agriculteurs (location peu onéreuse via des baux ruraux à clauses environnementales – BRCE)

un programme de valorisation économique des produits agricoles issus du terroir marseillais : approvisionnement de la restauration collective, marque de territoire à destination des citoyens-consommateurs, création de magasins de producteurs et éducation des consommateurs à l’alimentation durable.

 

Développer un urbanisme réduisant les risques climatiques 

Canicules, orages violents, rues transformées en torrents, véhicules et logements endommagés, collecte d’eaux pluviales saturée, plages polluées à chaque pluie : notre ville subit de plein fouet le changement climatique. Or on peut s’attendre à une hausse de 1,2 degré de la température moyenne annuelle en trente ans. Les températures et les précipitations continueront à augmenter : les étés seront plus longs, plus secs et plus chauds, les hivers seront plus courts, plus humides et plus doux. Les phénomènes pluvieux extrêmes s’aggraveront. Nous adapterons l’urbanisme de Marseille pour préserver ses habitant·es.

 

5#21 Perméabiliser les sols pour éviter inondations et pollutions : un nouveau PLUi

Lors des fortes pluies de printemps et d’automne, de très grandes quantités d’eau ruissellent en ville à cause du “tout béton”. Il faut augmenter l’infiltration des eaux de pluie. Les Marseillais subissent régulièrement des inondations et des pollutions de la mer. Les stations d’épuration ne sont pas conçues pour recevoir une trop grande quantité d’eau. Les jours de gros orages, des eaux usées, polluées aux excréments continuent d’être rejetées en mer sans être traitées.

Nous réviserons le PLUi pour y inclure un grand Plan de maîtrise des risques d’inondation et de pollution due aux eaux usées, qui permettra de maîtriser les coûts de gestion. Nous maîtriserons les risques d’inondation en limitant l’imperméabilisation des sols et en réduisant les volumes raccordés aux réseaux d’assainissement collectif pour éviter leur débordement. Nous maintiendrons des milieux ouverts jouant un rôle de rétention et nous préserverons des zones d’expansion de crue, dans les zones à risque.

Nous réduirons les risques de pollution en favorisant l’infiltration des eaux de pluie sur place partout où le sol le permet et en les faisant décanter dans des bassins de rétention pour éliminer la pollution. Le PLUi modifié inclura plusieurs nouvelles dispositions (infiltration sur place des eaux pluviales ; suppression de l’obligation de construire des places de parking, espaces densément plantés pour infiltrer les eaux de pluie, réseau de petites prairies urbaines, squares de garrigue et pieds d’arbres agrandis). Nous créerons des chaussées réservoir dans les quartiers les plus sensibles aux inondations.

 

5#22 Structurer les droits à construire dans le futur PLUi 

Nous classerons en zone urbaine verte les espaces à protéger. Nous favoriserons la création de logements dans des immeubles écologiques de moyenne hauteur, proches de parcs et de stations multimodales de transports en commun. Nous interdirons les constructions élevées sur des axes reliant les collines alentour et le centre-ville, de façon à favoriser la pénétration d’air frais vers le cœur de la ville.

 

5#23 Enrayer les mécanismes d’îlot de chaleur 

Nous adopterons une démarche d’urbanisme bioclimatique et de sobriété énergétique dans tous les bâtiments municipaux (mairies, administrations, écoles, centre de loisirs municipaux) pour améliorer le confort thermique à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments, pour limiter les besoins en chauffage et en rafraîchissement et pour favoriser l’accès à l’éclairage naturel.

Nous réduirons la chaleur emmagasinée dans les matériaux urbains (bitume, pierres, béton) : façades blanches et végétalisées, volets, ombrières et ouvertures « méditerranéennes ». Nous isolerons les toitures à l’aide de matériaux naturels et végétalisés lorsque cela est possible. Nous mettrons fin à la construction de grandes verrières, pour réduire l’usage des climatiseurs. Nous veillerons à ombrager les abords de tous les bâtiments publics en plantant des arbres d’essences locales sur leurs parvis et sur leurs terrasses, en lien avec la politique de végétalisation de la ville.

 

Pour une ville bas carbone : sobriété et efficacité énergétiques

L’énergie la plus propre est celle qu’on ne consomme pas ! Notre objectif prioritaire en matière de gestion de l’énergie sera la baisse des consommations, à travers une politique ambitieuse de sobriété et d’efficacité énergétique. Cette politique permettra à la fois une diminution des coûts pour la Ville et ses habitant·es, et une diminution de l’empreinte carbone du territoire.

D’importantes marges de manœuvre existent. Montpellier a par exemple diminué de moitié le coût par habitant·e de l’électricité publique dans les équipements et bâtiments. En 25 ans, ils ont économisé 45 millions d’euros, de quoi financer 5 groupes scolaires, 5 crèches et 4 gymnases. Nous définirons un plan ambitieux de diminution de la consommation énergétique de la ville afin d’atteindre -20% de consommation d’ici 2026.

 

5#24 Créer un Service de conseil en énergie 

Nous créerons un Service de conseil en économie d’énergie à destination de l’administration municipale, des habitant·es et entreprises. Cette équipe de technicien·nes spécialisé·es – que nous pourrons mutualiser avec les services de l’Agence locale de l’énergie – aura pour mission d’apporter un support de proximité aux gestionnaires des bâtiments et des équipements de la Ville (musées, écoles, piscines, bureaux, etc.). Ils interviendront aussi bien sur les aspects concernant la sobriété (coupure de l’éclairage et des équipements informatiques à certaines heures, meilleur réglage du chauffage, meilleur entretien des équipements) et l’efficacité : recommandation de remplacement de certains équipements.

 

5#25 Lutter contre le gaspillage énergétique dans les bâtiments et équipements publics

Nous réaliserons un audit énergétique complet des bâtiments et équipements publics. Nous programmerons des travaux d’isolation et de rénovation thermique, en remplacement de dispositifs de chauffage énergivores. Pour l’éclairage public, nous veillerons à réduire l’intensité lumineuse (voire l’extinction dans certaines zones) durant certaines heures de la nuit, sans remettre en question la sécurité des Marseillais·es, et à utiliser des technologies basse consommation.

 

5#26 Interdire les installations et projets énergivores superflus  

Nous mettrons tout en œuvre pour éviter les consommations d’énergies superflues : obligation d’extinction des vitrines lumineuses de magasins après leur fermeture ; suppression de la publicité vidéo et des écrans publicitaires dans l’espace public. Ces mesures permettront également de lutter contre l’incitation permanente à la consommation et l’accaparement de l’attention des habitants, fléaux dans nos grandes villes. Les projets d’envergure – notamment ceux représentant de fortes consommations d’énergie – feront l’objet de débats publics spécifiques : par exemple les data centers.

 

5#27 Baisse de la consommation d’énergie des transports et de leur empreinte carbone

Notre politique de transport réduira très significativement la consommation de carburant : transfert vers les transports en commun et les déplacements doux (marche, vélo), mise en place de parkings relais, baisse de la vitesse dans le centre-ville, Zone de Trafic Limité (ZTL), covoiturage. Ces mesures se doubleront d’une diminution de l’empreinte carbone des transports, avec la conversion des flottes de véhicules de la ville (notamment les bus et bennes à ordures) à des motorisations propres (Bio-GNV, électrique).

 

… et développement des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables sont par nature décentralisées et permettent aux territoires de s’emparer des enjeux énergétiques jusqu’à présent contrôlés par l’Etat et les multinationales de l’énergie. Cette opportunité prend tout son sens sur notre territoire : l’un des plus ensoleillés et venteux de France, face à la mer. Nous ferons de la métropole Aix Marseille Provence un territoire producteur d’une énergie renouvelable, décarbornée, locale et contrôlée en grande partie par ses habitant·es. La création de cet éco-système aura de nombreuses retombées positives pour la ville, notamment en matière de création d’emplois locaux (en études, installation et maintenance de ces installations).

 

5#28 Dresser un diagnostic complet du potentiel en énergies renouvelables 

Nous réaliserons avec l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et l’Agence locale de l’énergie une cartographie des gisements de production d’énergie renouvelable sur le territoire métropolitain (faisabilité technique et économique) :

  • photovoltaïque et chauffage solaire en toiture : bâtiments publics, entrepôts/ hangars, habitations, etc.
  • photovoltaïque dans les parkings, au-dessus des voitures – notamment ceux des zones commerciales (la Valentine, Grand Littoral par exemple) et au sol (délaissés, friches) ;
  • éolien en mer flottant sur le littoral marseillais, au niveau du delta du Rhône et de l’étang de Berre – en restant vigilants à l’acceptabilité citoyenne des projets ;
  • petites installations hydroélectriques sur les cours d’eau marseillais ;
  • méthanisation, gazéification : valorisation des déchets ménagers, agricoles et de l’industrie agro-alimentaire et au niveau des stations d’épuration.

Ce diagnostic inclura également des sources potentielles de récupération d’énergie de proximité : chauffage urbain, d’équipements publics, énergie thermique des datacenters, etc. Ce diagnostic sera mis à disposition de l’ensemble des acteurs.

 

5#29 Systématiser la production d’énergie renouvelable pour les projets de construction et réhabilitation

Nous imposerons que tous les projets de construction et de réhabilitation des bâtiments municipaux soient équipés de systèmes de production d’énergie renouvelable : chauffe-eau solaire, photovoltaïque en toiture, géothermie pour le chauffage des bâtiments. En coordination avec la Métropole, dans le Plan Local d’Urbanisme intercommunal nous renforcerons les dispositions favorables à la production d’énergie renouvelable: densité et mixité des usages sont des facteurs favorables aux réseaux de chaleur ; implantations des constructions favorables à l’installation de solaire photovoltaïque (orientation et inclinaison des toitures, absence de masques solaires)

 

5#30 Favoriser la création de coopératives citoyennes de production d’énergie renouvelable

En Allemagne, la moitié de la production d’énergie renouvelable est dans les mains des citoyens, ce qui les placent au 14e rang européen des opérateurs d’énergie. Les projets de coopérative citoyenne de production d’énergie connaissent désormais un fort engouement en France sous l’impulsion d’organisations telles qu’Energie Partagée. Les coopératives citoyennes de production d’énergie ont de très nombreuses retombées positives pour le territoire et les habitant·es : sensibilisation des citoyen·nes aux enjeux de production énergétique et réappropriation des moyens de production d’énergie, augmentation de l’acceptabilité des projets, retombées économiques pour les citoyen·nes et les collectivités (dividendes, taxes, effets indirects).

Afin que les Marseillais·es puissent se réapproprier les enjeux énergétiques, nous mettrons en œuvre un plan ambitieux de soutien aux projets de production citoyens d’énergie – à travers notamment : co-investissement dans les projets (création de Sociétés d’Economie Mixte) ; mise à disposition de foncier, de toitures, bureaux, salles de réunion, etc. ; financement d’études ; aide à la coordination avec des projets d’initiative publique et privée ; support administratif et l’aide à l’obtention de subventions.

 

5#31 Approvisionner la Ville avec des énergies renouvelables

Nous nous engageons à revoir tous les contrats d’approvisionnement en énergie de la Ville (électricité et gaz) afin d’instaurer progressivement des critères environnementaux stricts : achat d’énergie renouvelable – avec traçabilité des sources de production, en priorité locales (en provenance par exemple de centrales hydrauliques pour l’électricité ou de sites de méthanisation de la région pour le gaz).

 

Propreté : réduire et valoriser les déchets

Au sein de la Métropole les ordures ménagères « résiduelles » (non recyclées ou valorisées) représentent 370 kg par an et par personne : c’est 40% de plus que la moyenne nationale, faute notamment d’un tri efficace ! Quasiment la moitié de ce volume est enfouie au sein de 6 sites dont 4 arriveront à saturation en 2022 – le reste étant incinéré dans un centre situé à Fos sur Mer, venant aggraver les problématiques de qualité de l’air dans une zone fortement polluée par les industries pétrochimiques. Cette situation ne peut pas durer – nous devons révolutionner la gestion des déchets à Marseille.

Nos actions viseront à réduire la quantité de déchets, à développer le réemploi et la réparation, à améliorer le tri et le recyclage – pour ramener à son minimum la part enfouie ou incinérée. Le coût de nos mesures sera rapidement compensé par la diminution progressive du coût de traitement des déchets (du fait de la baisse des tonnages).

 

5#32 Marseille Ville Zéro plastique en 2026

En 2050, si rien n’est fait, le poids du plastique dans les mers et océans sera égal ou supérieur à celui des poissons et 12 milliards de tonnes de déchets plastiques se seront accumulés sur la planète (Fondation Ellen MacArthur). Marseille, ville littorale, est menacée. Nos enfants sont menacés : ils souffrent des perturbateurs endocriniens diffusés notamment par les plastiques, et de cancers liés aux perturbateurs endocriniens (rôle des phtalates et alkylphénols présents dans les emballages plastiques, Organisation Mondiale de la Santé, OMS 2019).

Les sachets, les emballages de produits à emporter, les sacs plastiques jetables occupent la moitié de nos poubelles (Zero Waste). Pour répondre à cette urgence, la réglementation française évolue : interdiction des sacs plastiques à usage unique depuis 2017 ; interdiction de la vaisselle jetable, des cotons-tiges et des cosmétiques à microbilles de plastique à partir de 2020.

Marseille aura une puissante stratégie Zéro Plastique, intégrée à notre stratégie plus globale Zéro déchet. Nous construirons avec l’Etat des normes permettant l’interdiction de l’usage de tout plastique jetable à Marseille (comme Paris est en train de le faire). Nous créerons dès 2020 une “Conférence annuelle de sortie du jetable” avec la grande distribution, les commerçants, les industriels pour construire ensemble la sortie du plastique jetable et développer des alternatives en amont et en aval (emballages éco-conçus, réseau de consigne pour réemploi, vente en vrac, etc.). Nous mettrons fin à l’usage du plastique jetable dans les administrations et événements marseillais dès 2020 et au sein des services publics marseillais en 2022 (crèches, cantines, musées, équipements culturels et sportifs, etc.).

Nous équiperons toutes nos rues pour permettre la généralisation du tri sur l’espace public dès 2024.

 

5#33 Sensibiliser au Zéro déchet – encourager le vrac et la consigne

Nous mènerons des campagnes de sensibilisation Zéro déchet à destination des scolaires, des ménages, des entreprises et des commerçant·es. Nous soutiendrons la mise en place de magasins de vente en vrac et de consignes : soutien à la création de magasins associatifs co-gérés, mise à disposition de foncier, appel à projet pour organiser la collecte en consigne de bouteilles et emballages en verre.

 

5#34 Réduire les déchets via une Tarification incitative

Les habitant·es, commerçant·es, entreprises de Marseille n’ont actuellement aucune incitation à réduire leur production de déchets. 190 villes françaises ont pourtant déjà mis en place une Tarification incitative, représentant 4,5 millions d’habitants en France en 2016. La Tarification incitative consiste à facturer une part fixe et une part variable dépendant du volume ou du poids des déchets que l’on remet au service de collecte. Elle permet de réduire de 30% à 50% la quantité d’ordures ménagères produites. Elle permet aussi de réduire la facture de 100€ par an et par famille en moyenne.

Nous réaliserons une expérimentation pendant 2 ans dans un premier secteur de la ville, par exemple en mettant en place des containers spécifiques ou des sacs poubelles prépayés incluant la taxe d’enlèvement. A l’issue de ce test, nous ferons un bilan avec les habitant·es afin de décider d’un élargissement du dispositif à plus grande échelle.

 

5#35 Améliorer l’équipement de tri 

Nous améliorerons le taux de tri et de recyclage des déchets des particuliers en développant l’équipement de tri dans l’espace public : colonnes de tri sélectif dans les stations de métro et aux arrêts de tramway et de bus, devant les bâtiments publics, les établissements scolaires et salles de spectacle, dans les parcs et jardins et dans toutes les rues commerçantes. Nous améliorerons la signalétique et les panneaux éducatifs installés autour de ces colonnes de tri.

Nous complèterons le réseau de déchetteries par 5 déchetteries mobiles, sur le modèle de l’Ecomobile existante, afin de donner aux personnes non motorisées accès à un service de tri complet. Les déchetteries mobiles permettent, comme toute déchetterie, de trier textiles, papiers, appareils électriques et électroniques, cartons, métaux, petit mobilier, peintures, solvants, piles, batteries… C’est également un moyen de sensibiliser les usagers à la réduction des déchets et à l’intérêt de les valoriser.

 

5#36 Valoriser les déchets organiques par le compostage

Les déchets organiques (“biodéchets”) représentent un tiers de nos déchets : 50 kg par habitant et par an ! Ils finissent aujourd’hui incinérés ou enfouis, mélangés à nos autres déchets ménagers, alourdissant la facture de la collecte et du traitement.

Des solutions existent pourtant qui permettent aux habitant·es de trier et composter leurs biodéchets, comme le compostage partagé. Il réduit significativement la quantité de déchets pris en charge par la collectivité, mais il réduit aussi le coût de traitement (prix très inférieur à celui de l’incinération, du fait de la vente du compost aux agriculteurs). Les coûts de collecte sont stables, car les camions de collecte des biodéchets sont plus simples, plus petits, moins gourmands en carburant et en entretien.

Marseille lancera dès le début de la mandature son Plan de tri et de collecte des biodéchets, et se mettra en conformité avec la loi, qui impose ce tri et cette collecte séparés à la source, au plus tard au 31 décembre 2023 (Loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015).

Nous mettrons en place progressivement différents dispositifs de compostage des biodéchets, adaptés à chaque quartier : bacs à déchets organiques familiaux ; composteurs collectifs en pied d’immeubles dans les résidences, écoles, hôpitaux, entreprises, composteurs de grande capacité dans les espaces urbains denses, parcs, jardins et squares, espaces publics (chalets de compostage) ;  site internet dédié au compostage, permettant notamment à chaque habitant·e de connaître le lieu de collecte ou compostage le plus proche de chez lui ou chez elle.

 

5#37 Zéro tolérance pour les dépôts de déchets sur la voie publique

La collecte et le recyclage des déchets sont des compétences métropolitaines, mais notre Municipalité mobilisera des ressources pour faciliter le travail des agents métropolitains à Marseille : nous sanctionnerons tous les dépôts de déchets sauvages (déchets du BTP, amiante, pneus, déchets ménagers…) via des “Patrouilles Propreté” que nous créerons au sein de la Police municipale. Nous organiserons des Travaux d’Intérêt Général de nettoyage des rues pour tous les contrevenants ayant jeté des déchets en dehors des lieux prévus à cet effet.

 

Mieux gérer l’eau 

Face à l’urbanisation croissante actuelle, le système du « tout tuyau » a montré ses limites. Associé à l’augmentation des surfaces imperméabilisées, il induit une augmentation des volumes d’eaux collectées, dont les conséquences sont multiples : saturation des systèmes d’assainissement, dysfonctionnement des stations de traitements des eaux usées, inondation, pollution des milieux récepteurs.

 

5#38 Déconnecter les eaux pluviales du réseau d’assainissement.

Face au caractère inadapté de la gestion traditionnelle, nous adopterons le principe de gestion intégrée en déconnectant les eaux pluviales du réseau d’assainissement. Cette déconnexion à la source permet de répondre aux problématiques de maîtrise des risques d’inondations, environnementaux et d’optimisation des coûts. Cette mesure est conforme à la Directive Eaux Résiduaires Urbaines du 21/07/2015, qui définit les orientations de la gestion des eaux pluviales dans le but de limiter les risques d’inondations et de préserver les ressources en eau et les milieux naturels des risques de pollution. L’article 5 de l’arrêté prescrit : « pour les systèmes de collecte unitaires ou mixtes, la gestion des eaux pluviales à la source doit être privilégiée chaque fois qu’elle est techniquement et écono­miquement viable ».

 

5#39 Recenser les ressources en eau dans le sous-sol de Marseille

90 % de l’eau potable de Marseille provient actuellement du Canal de la Durance, construit au XIXe siècle. Avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, ces ressources en eau potable diminueront fortement dans les prochaines décennies. Il est urgent de recenser d’autres sources d’approvisionnement, comme les nappes phréatiques. Pour se faire une idée de l’hydrologie du sous-sol marseillais, nous disposons actuellement de ressources cartographiques très insuffisantes. Les seuls relevés disponibles datent de 1934 en ce qui concerne la nature des sols. Pour pallier ce manque, nous embaucherons un géologue afin de procéder à des forages, recenser les nappes phréatiques, et faire un état des lieux des puits existants.